Le systeme cranio-sacre

Le mecanisme respiratoire primaire

Organisation microscopique

La cellule constitue le matériau vivant de base du corps. La membrane cellulaire peut sans doute être considérée comme une première structure. 

Les cellules, dès qu’elles sont rassemblées, constituent un tissu. Ce tissu est lui-même organisé et structuré. Des tissus de même nature sont rassemblés pour constituer des organes. Les organes ont eux-mêmes des structures et sont maintenus en place par des tissus structuraux du corps. 

Il existe un tissu dans l’organisme, auquel est plus spécialement dévolu le rôle d’organisation structurale. Ce tissu est fort justement appelé tissu conjonctif. Il joue un rôle de remplissage et de soutien à tous les niveaux du corps. On l’appelle également fascia. Grâce à lui, l’organisation mécanique du corps se fait un peu comme celle d’une toile d’araignée. Ainsi, tous les tissus du corps sont chainés les uns aux autres et constituent une unité mécanique. Une rétraction située à un endroit du système altère donc l’ensemble. 

Nous allons pas, bien sûr, entrer dans le détail de la constitution du corps. L’ostéopathe met souvent l’accent sur le point de vue du mécanicien qui permet de bien comprendre comment tout cela fonctionne. 

Mécanisme respiratoire primaire (MRP)

Ce nom désigne l’agencement mécanique découvert et étudié par William Garner Sutherland et qui n’était jusqu’alors pas envisagé. En décrivant sa découverte, il lui a donné le nom de Mécanisme Respiratoire Primaire. 

Jusqu’alors, on considérait la colonne vertébrale comme une structure première pour l’ensemble du corps. Sutherland a mis l’accent sur l’importance des structures internes au crâne et à la colonne vertébrale. Le Mécanisme Respiratoire Primaire est décrit comme comportant 5 éléments: 

  • La mobilité inhérente du cerveau et de la moelle.
  • La fluctuation du liquide céphalo-rachidien.
  • Le mouvement involontaire des os du crâne. 
  • La tension des membranes internes ou méninges.
  • Le mouvement du sacrum entre les iliaques. 

Mobilité inhérente

La première manifestation de la vie cellulaire est la communication, l’échange avec le milieu environnant. Pour une cellule, les échanges sont très simples, essentiellement liés à la nutrition. Lorsque la cellule prend des substances, elle enfle. Lorsqu’elle en relâche, elle se rétracte. Pour les cellules du corps humain, on a constaté que ce gonflement se fait de manière rythmique, dix ou douze fois par minute, d’ou le nom de respiration primaire (existant avant la respiration thoracique).

Cette pulsation est très peu importante en amplitude pour une unique cellule, mais si plusieurs milliards sont rassemblées, comme pour le système nerveux central, elle devient une pulsation rythmique d’une amplitude devenue palpable et mesurable et surtout d’une puissance formidable. Rien ne peut l’arrêter. Des expériences effectuées aux Etats-Unis, en Russie et au Canada ont montré l’existence de cette pulsation. 

Le système nerveux central est donc animé d’une pulsation rythmée il se dilate et se rétracte rythmiquement. Par ailleurs, sont développement, depuis l’état embryonnaire, s’est effectué selon un certain modèle mécanique de croissance, de telle sorte que la pulsation s’accompagne d’un mouvement reproduisant le modèle de mouvement du développement embryologique. Nous ne le décrirons pas, mais retenons l’idée de la pulsation rythmique du système nerveux central. 

Fluctuation des liquides

Le Système nerveux central, c’est à dire le cerveau, le bulbe rachidien et la moelle épinière, baigne dans le liquide céphalo-rachidien. Liquide clair, formé par la filtration et la purification du sang, il est constamment renouvelé. Il est partout présent dans la cavité crânienne : entre les méninges entourant le cerveau, le cervelet, et la moelle épinière, mais aussi dans des cavités appelées les ventricules, existant dans les masses nerveuses du cerveau et communiquant avec les espaces méningés.

Ce liquide joue le rôle d’amortisseur, protégeant le système nerveux central contre les chocs, mais il participe également à la nutrition de toutes les cellules nerveuses ; il amène les aliments nécessaires à la vie cellulaire, élimine des déchets et charries les sécrétions endocriniennes de la glande hypophyse ; il peut être considéré, suivant la phrase de Harold Magoun, comme « la lumière liquide, le jus de la batterie électrique humaine ».

Précisons que le liquide céphalo-rachidien est en relation avec le système lymphatique de tout le corps humain et avec les gaines vasculaires et nerveuses se distribuant à tout l’organisme ; des expériences américaines ont montré qu’après avoir injecté une solution de lipiodol dans le liquide céphalo-rachidien au niveau du canal vertébral, on retrouve cette solution, quelque temps après, sur le trajet des nerfs périphériques qui vont de la colonne vertébrale aux membres inférieurs (par exemple le nerf sciatique). Une altération du mouvement des os du crâne a ainsi des répercussions sur tout l’organisme tant au niveau du système nerveux, que du système circulatoire et lymphatique.

Sur le plan mécanique, il est, comme tout liquide, incompressible et transmet fidèlement les mouvements et pulsations du système nerveux central aux os du crâne. Comme les mouvements du système nerveux sont rythmiques, ils créent au niveau du liquide céphalo-rachidien une fluctuation, un mouvement de liquide dans un milieu clos. Pour bien nous représenter de quoi il s’agit, imaginons notre main plongée dans une cuvette d’eau. Nous pouvons mettre en mouvement le liquide de la cuvette en faisant bouger notre main doucement en va et vient. Nous avons créé une fluctuation. Le liquide céphalo-rachidien est mis en mouvement de la même manière par les mouvements du système nerveux central et il fluctue. 

Mouvements involontaires

Les os que nous avons l’habitude de voir, sont des os de laboratoire dont il ne reste que la texture minérale sèche et dure. Ils sont rigides et très cassants. L’os vivant, bien que rigide, présente un certain degré de souplesse, plus important que nous ne l’imaginons. 

Les os du crâne, chez le vivant, présentent donc, eux aussi, une certaine souplesse, notamment ceux de la voûte, parce que se sont des os plats et relativement fins. Il nous faut imaginer le crâne non pas comme une boite rigide et dure, mais comme une enveloppe certes rigide, mais relativement souple et déformable. 

De plus, contrairement à ce que nous avons appris à l’école, les os du crâne bougent. Le système des articulations du crâne possède même toutes les caractéristiques des autres articulations, c’est à dire surface de glissement (cartilage articulaire) et moyens d’union (ligaments). Bien sûr, le système n’est pas mis en mouvement volontairement par des muscles comme pour une autre articulation telle que le coude, par exemple, mais toutes les caractéristiques articulaires sont présentes. C’est d’ailleurs ce qui a préoccupé W. G. Sutherland, le conduisant à étudier davantage la sphère crânienne et à découvrir tout le système crânio-sacré.

Bien que connus des physiologistes, ces mouvements n’ont pas été jugés importants, car ils n’étaient, pour eux, reliés à rien de connu sur le plan physiologique. Ils n’ont donc pas poussé leurs investigations, de sorte que cette idée de mouvement paraît encore de nos jours bien farfelue. 

Les os du crâne reçoivent la poussée du système nerveux central transmise par le liquide céphalo-rachidien et ont un mouvement d’expansion suivi d’un mouvement de rétraction accompagnant les mouvements du système nerveux. Ce mouvement est transformé à cause de l’existence de membranes internes au crâne qui créent des points de restriction et des zones de liberté pour les os crâniens.

Tension des membranes internes

De quelles membranes parlons-nous ? Il s’agit des méninges et notamment de la méninge dure, ou dure-mère. Membrane non élastique, elle entoure le système nerveux central et présente, au niveau du cerveau et du cervelet, des replis venant s’insinuer entre les lobes. Pour être plus simple, nous allons prendre une comparaison. Imaginons les membranes qui entourent les cerneaux d’une noix. Cela nous donne une idée grossière de la façon dont sont agencées ces membranes internes. Le schéma suivant nous aidera à mieux visualiser ces membranes. 

Ce que nous devons comprendre et retenir ici, concernant ces membranes, c’est que sur le plan mécanique, elles établissent, de par leur insertion sur certains os du crâne, des zones de restriction de mouvement (elles ne sont pas élastiques) par opposition à certaines autres zones ou les mouvements des os sont plus libres. La pulsation du système nerveux est transmise, telle qu’elle existe, aux os du crâne, mais la présence des freins membraneux en certains points transforme la pulsation originale en mouvement osseux différent de celui du système nerveux central. W. G. Sutherland a étudié et codifié ces mouvements et un praticien entrainé peut les percevoir et les reconnaitre.

Ces membranes sont également fermement attachées au niveau du trou occipital (l’orifice qui permet à la moelle épinière de descendre du crâne dans la colonne) et au niveau des deux premières vertèbres cervicales. Mais, plus bas, elles forment un tube autour de la moelle épinière, avec des attachements très lâches sur les vertèbres. En revanche, à l’extrémité inférieure, il y a un très fort attachement au niveau de la deuxième vertèbre du sacrum. 

Ce lien non élastique, réunissant crâne et sacrum, crée entre les deux une dépendance mécanique comparable à celle de deux poteaux réunis par une corde à linge. Même si la corde n’est pas tendue, le fait de tirer un poteau fait que l’autre est tiré, lui aussi. De même, les mouvements de l’os de la base du crâne, l’occiput, entraînent les mêmes mouvements au niveau du sacrum et inversement. 

Mobilité involontaire du sacrum

Le lien mécanique dont nous avons parlé plus haut, fait que le mouvement des os de la base du crâne se trouve reporté au sacrum, qui possède lui aussi une mobilité involontaire, différente de sa mobilité posturale. 

Mobilité posturale ? Mouvement involontaire ? Que veut dire tout cela ? La mobilité posturale du sacrum correspond aux mouvements qu’il fait entre les deux os iliaques (les os des hanches) lorsque nous bougeons la colonne vertébrale ou les membres. Ces mouvements sont peu importants en amplitude, mais leur existence est indispensable pour que l’activité vertébrale et celle des hanches soient normales. Dans les cas de lumbago, par exemple, il y a très souvent un blocage d’articulation sacro-iliaque (entre le sacrum et l’os iliaque).

Le mouvement involontaire du sacrum entre les iliaques est un mouvement sur axe transversal, qui correspond à la pulsation du système nerveux central et aux mouvements des os du crâne. Il existe, quelle que soit l’activité posturale (liée à la position du corps). Il peut, lui aussi, être limité ou bloqué et cela entraîne des conséquences pour tout le système crânio-sacré. 

Voilà grossièrement décrit le mécanisme crânio-sacré, décrit par Sutherland sous le nom de Mécanisme Respiratoire Primaire. Ce nom est évocateur de l’activité rythmique du système nerveux central, c’est pourquoi il parle de respiration. Il ne s’agit pas de respiration au sens thoracique du terme, mais simplement de l’alternance de l’expansion-rétraction du système nerveux central. Il est aussi appelé primaire parce qu’il existe avant la respiration thoracique. Cette respiration n’apparait en effet, qu’au moment de la naissance. Avant, le foetus reçoit l’oxygène qui lui est nécessaire, par l’intermédiaire du sang maternel, mais la pulsation rythmique du système nerveux central et de toutes les cellules du corps existe dès le début du développement de l’embryon. C’est pourquoi Sutherland l’appela primaire. 

Ces tissus ne font pas partie de Mécanisme Respiratoire Primaire, tel que le décrit Sutherland, mais, ces tissus, encore appelés fascias, sont attachés à la base du crâne et au bassin, de telle sorte que le mouvement du mécanisme crânien les met eux aussi en mouvement. Lorsque le système crânien entre en expansion, l’ensemble des tissus fibreux du corps descend et, inversement, lorsque les système crânien se rétracte, les tissus fibreux du corps remontent. Ils ont donc un mouvement rythmique de montée et de descente, synchrone du mouvement du mécanisme crânien et indépendant des autres mouvements du corps.

Ainsi, l’organisation mécanique du corps se fait autour du système nerveux central, par l’agencement de la dure mère crânienne et spinale. La dure-mère s’attache sur certains os du crâne, sur le sacrum (fermement) et sur la colonne vertébrale (de manière très lâche). Autour de cet agencement constitué par le système nerveux central et la dure-mère, vient se placer le contenant osseux constitué par les os du crâne, la colonne vertébrale et le sacrum. Sur cet agencement osseux constituant une charpente, viennent s’attacher tous les autres tissus du corps. Il s’agit de tissus de structure dure, comme la cage thoracique et les os des membres et de structures molles comme les ligaments, les muscles et les fascias, dont l’organisation se fait en loges, comme pour l’orange. Les fascias constituent des emplacements dans lesquels peuvent se loger les organes. 

La plupart des structures périphériques sont longitudinales, sauf trois qui sont la tente du cervelet (intra-crânienne) le diaphragme thoracique et le plancher pelvien.

La plupart des structures périphériques sont mises en mouvement par le mécanisme crânien et ont un mouvement alternatif de montée et de descente suivant le rythme crânien. 

Rôle du MRP

L’organisme humain, pour se maintenir en bonne santé, doit être constamment et correctement alimenté en oxygène, en eau, en substances nutritionnelles et doit être capable d’éliminer les déchets qu’il élabore. En premier lieu, classiquement, vient la respiration pulmonaire qui apporte l’oxygène de l’air, distribué à toutes les parties de l’organisme, et qui évacue le gaz carbonique. Ce n’est qu’un des mécanismes vitaux et il est limité à la surface des alvéoles pulmonaires; il existe une autre fonction très importante, c’est la respiration tissulaire, c’est-à-dire les échanges au niveau de la cellule. 

Rappelons que la cellule est n’unité élémentaire de tout être vivant; chaque cellule du corps, comme toute matière vivante, étant instable sur le plan thermodynamique, ne peut se maintenir sans un apport continu d’énergie produite par l’alimentation en oxygène, par la dégradation des aliments, par les enzymes, les hormones. Ces phénomènes représentent la respiration cellulaire, qui comprend aussi l’élimination des déchets. Dans le concept crânien, la respiration cellulaire (et donc tissulaire) est en rapport étroit avec la fonction du liquide céphalo-rachidien, non seulement au niveau du système nerveux central, mais aussi dans le corps humain par l’intermédiaire des canaux de communications qui mettent en relation le liquide céphalo-rachidien avec le système lymphatique et tout le système circulatoire; il est ainsi en rapport avec tous les liquides du corps jusque’à la cellule. Ceci nous permet d’entrevoir la grande influence qu’a le fonctionnement du mécanisme respiratoire primaire sur l’équilibre biochimique et bioélectrique de l’organisme.

En plus de ce rôle primordial du mouvement crânien sur le métabolisme cellulaire, n’oublions pas l’importance, dont nous parlions dans le chapitre précédent, du mécanisme de respiration primaire sur la circulation sanguine, en particulier veineuse, du système nerveux central: « Ayons à l’esprit que le cerveau humain reçoit une quantité de sang estimée entre 17 et 34% du débit cardiaque, alors que le poids de ce même cerveau ne représente que 2% du poids du corps adulte: les chiffres parlent d’eux mêmes et prouvent l’importance de la circulation sanguine cérébrale ». 

Le mouvement crânien peut être considéré comme la puissante manifestation de la vie elle-même; il apparaît dans les premiers jours de la vie foetale et se prolonge quelque temps après que tout autre signe de vie ait disparu.

Altérations du mouvement crânien

La relation mutuelle de la structure et de la fonction est l’un des grands principes de l’ostéopathie énoncé par A. T. Still: « La structure gouverne la fonction ». Cela signifie que l’intégrité de la structure est nécessaire pour que la fonction s’accomplisse sans problème. 

La comparaison peut être faite avec un moteur. Si tous les pignons sont bien ajustés, sans jeu, ni serrage excessif, si les transmissions, les soupapes, etc, sont à même de remplir le rôle qui leur est assigné, si le graissage se fait bien ainsi que l’arrivée du carburant et la distribution électrique, alors, ce moteur sera capable de bien tourner, sans panne, avec le maximum de rendement, sans bruits, ni cliquetis anormaux.  

Il en est de même dans le corps humain. Chaque organe pour bien fonctionner doit recevoir du sang artériel fournissant l’oxygène et les différentes substances nécessaires à la vie et à son entretien. Il doit être débarrassé de ses déchets par les courants veineux et lymphatiques. Il doit être correctement relié à l’usine électrique, soumis au contrôle du système nerveux central. Si tout cela est réalisé, l’organe est capable de jouer son rôle dans le système corporel. Mais si le sang artériel ne parvient pas en quantité suffisante, l’organe ne peut pas jouer son rôle convenablement, il se fatigue, devient déficient. Si le drainage veineux est insuffisant, un état congestif ou un oedème peuvent s’installer. Si le nerf-fil électrique est comprimé, des troubles divers peuvent en résulter, selon la nature du nerf ou de l’organe innervé: 

  • Douleur ou déficit de la sensibilité pour un nerf sensitif ; 
  • Faiblesse ou paralysie pour un nerf moteur ;
  • Perturbation plus ou moins importante pour un nerf sensoriel (troubles de l’audition, de l’odorat, du gout, de la vision)
  • Dysfonctionnement physiopathologique de l’organe correspondant pour un nerf du système nerveux autonome.

La structure peut donc influencer la fonction. Ceci est vrai dans tout le corps, y compris le crâne. Si le contenant, c’est-à-dire les pièces osseuses ainsi que les membranes qui les unissent, ne bougent pas d’une façon harmonieuse, alors le contenu en subit les conséquences et cela se traduit par des troubles locaux ou à distance. 

Par ailleurs, du fait de l’organisation en loges ou en toile d’araignée, il est facile d’imaginer que toute altération mécanique apparaissant à un niveau du système, crée des effets à distance. Ainsi : 

  • une altération mécanique située dans la périphérie du corps entraîne un gauchissement de la mécanique crânienne ; 
  • Une altération de la mécanique crânienne entraîne un gauchissement de la mécanique périphérique. 

Perturbations structurales

Les causes d’anomalies sont nombreuses. La plus fréquente est le traumatisme pouvant survenir à une époque quelconque de la vie, depuis la vie intra utérine jusqu’à la vie de l’adulte à un âge avancé. Le plus fréquemment cela survient à la période périnatale.

Lésions d’origine traumatique

Un traumatisme peut perturber le bon fonctionnement du mécanisme crânien. Pour l’enfant, les occasions sont nombreuses de se heurter la tête, en tombant de son lit, d’une chaise, en jouant ou en chahutant. On soigne la bosse qui disparaît en quelques jours et on oublie ce traumatisme bénin – en apparence, car des troubles peuvent apparaîtront tardivement. Par exemple, un enfant peut se mettre à loucher après s’être cogné le front, ou présenter des crises d’épilepsie après un choc pariétal. 

Pour l’adulte existent également de nombreuses occasions de traumatismes, au cours de l’activité professionnelle, d’activités sportives ou à l’occasion de déplacements dans les transports publics ou en conduisant son propre véhicule.

Tout choc crânien même si les examens médicaux n’ont rien révélé, peut être à l’origine de nombreux troubles inexplicables pour la médecine classique. On dira « c’est psychique » ou on soupçonnera le traumatisé d’être un simulateur cherchant à se faire octroyer une rente d’invalidité, alors qu’en réalité des lésions ostéopathies crâniennes ou périphériques sont probablement la cause de ses ennuis qui se traduisent de façon très diverses : maux de tête, insomnie, nervosité, fatigue continuelle, dépression, impossibilité de fixer ses idées, perte de mémoire, etc. Le traumatisé va de médecin en médecin, se voit prescrire de nombreux médicaments qui ne résolvent pas le problème et provoquent des effets secondaires préjudiciables à la santé. 

Il arrive fréquemment qu’une collision automobile provoque ce qu’on appelle couramment « le coup du lapin ». Cet accident ne touche apparemment que la colonne cervicale, mais a souvent un retentissement beaucoup plus étendu. Crâne et sacrum sont souvent atteints, provoquant maux de tête, vertiges. Troubles endocriniens et déséquilibres nerveux ne sont pas rares après de tels accidents et persistent tant que n’ont pas été corrigées les lésions responsables de ces troubles. 

Anomalies d’origine vertébrale

L’un des grands principes de l’ostéopathie est de considérer le corps comme une unité. Tout dysfonctionnement ostéoarticulaire, viscéral, crânien, myo-fascial, se répercute à distance. Un affaissement du pied, un déséquilibre du bassin, une lésion vertébrale ignorée ou négligée est fatalement compensée à un autre niveau, y compris au niveau du crâne. Rappelons-nous l’organisation des tissus fibreux, unis de la tête aux pieds. Nous pourrions également utiliser l’image d’une marionnette à fil : toute action sur un fil entraîne une réponse sur la partie de la marionnette à laquelle il est relié, mais inversement, toute action sur une partie de la marionnette est transmise par le fil… 

L’occiput est relié au sacrum par la dure-mère et il donne insertion à de nombreux muscle. Des tensions anormales sur ces différents éléments peuvent entraîner des fixations de l’occiput par rapport aux os voisins et en particulier avec le sphénoïde et le temporal. Une anomalie crânienne peut retentir sur le bon équilibre de la colonne vertébrale et être la cause de scolioses dites essentielles, leur origine étant ignorée. A partir de cela on peut facilement imaginer l’importance d’une ostéopathie préventive. Faire vérifier sa colonne et son crâne permettrait d’éviter bien des troubles si préjudiciables à l’individu et à la société. 

Conséquences des lésions crâniennes

Toutes les lésions crâniennes aboutissent à l’altération du mouvement normal, de tous les tissus du corps. Ainsi, le schéma de fonctionnement du corps se trouve modifié par la ou les lésions présentes.

Du fait du déséquilibre qui s’est installé dans la tension des membranes internes au crâne, les mouvements, au lieu de se faire de la façon harmonieuse prévue par la nature, sont limités dans certaines directions, excessifs dans d’autres, donnant parfois un schéma de fonctionnement pouvant faire penser au mouvement d’une roue voilée. Le mécanisme de respiration primaire se trouve modifié et ne peut plus jouer parfaitement le rôle qui est le sien dans la physiologie du corps humain.

Heureusement, le corps fait preuve d’une grande capacité à compenser les anomalies engendrées par de tels désordres. Mais lorsque cette faculté d’adaptation se trouve dépassée, peuvent apparaître des troubles qu’il est parfois difficile de relier aux causes premières.

Souvent, des situations de stress, ou un nouveau traumatisme qui vient altérer un mécanisme prêt à chanceler constitue le facteur déclenchant des troubles. La mauvaise nutrition, le mauvais drainage des tissus peuvent bien souvent être le point de départ d’une situation pathologique qui se manifestera localement ou à distance.

Troubles locaux de la sphère crânienne

Il est logique de penser que les organes situés dans la tête seront les premiers victimes d’une dysfonction crânienne. Il n’est pas dans notre intention de dresser une liste de tout ce qui peut survenir, mais seulement de mentionner quelques-uns des troubles fréquemment rencontrés et susceptibles de bénéficier d’une traitement crânien.

  • Nez : écoulements chroniques, rhumes des foins, sinusites répondent souvent bien et vite au traitement. 
  • Perte ou perturbation de l’odorat, difficultés à respirer par le nez, etc.
  • Yeux : conjonctivite, diplopie, strabisme, glaucome cataracte, amblyopie, troubles de la visions …
  • Oreilles : certaines surdités, troubles de la trompe d’Eustache, bourdonnements, sifflements maladie de Ménière, vertiges, otites à répétitions. 
  • Gorge : pharyngite, laryngite, angines, etc.
  • Bouche : déformation du palais, mauvaise implantation des dents, malocclusion, grincement des dents, perte ou perturbation du goût, craquement ou blocage de l’articulation temporo-mandibulaire.
  • Névralgies faciales, maux de tête, zona, urticaire, asthme, fatigue, dépressions, névroses, dérèglements endocriniens, manifestations épileptiformes, insomnies, troubles digestifs, respiratoires, cardiaques, etc. 

Pierre Tricot, Pour votre enfant, l’ostéopathie, 2004.